COUP DE GUEULE

Enfin le réveil…

Les derniers événements qui ont secoué notre vie quotidienne pourraient sembler bien anodins, et pourtant… Dans notre bien joli canton, dont toute la largeur de la mentalité a été si habilement restituée par un certain Charles-Ferdinand, il s’est passé un fait historique sans précédent. Faisant fi du "ni pour ni contre, bien au contraire", le peuple vaudois, qui d’un point de vue historique a toujours été dominé (Romains, Burgondes puis, plus tard, par les "tres redoubtéz magnifiques et puissant seignieurs messirs de Berne"*), a su faire preuve d’une lucidité d’esprit déconcertante en refusant jusqu’au bout les projets scandaleux de Charles Favre et de ses acolytes. Descendu par deux fois dans la rue, il a forcé le Conseil d’Etat à revenir en arrière.

Non content de cet exploit, il a ensuite refusé les mesures d’austérité, un peu comme s’il avait enfin su comprendre ce que voulaient dire les pères fondateurs de la République américaine en prophétisant que "L’inertie d’un peuple constitue la plus grande menace pour la liberté". Oui, à la veille de pouvoir basculer dans ce qu’il convient d’appeler le Chaos institué, les vaudois donneraient presque l’impression d’émerger de sa léthargie. Sortirons-nous enfin de la compagnie de wagons-lits ?

Au temps qu’il faut pour cela, il est à espérer que la course soit longue…

 

Cédric W. Marsens

*) in procès de Claude Rolier de 1524

 

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