EDITO

Ras le foot !

La sortie de ce numéro coïncide avec un événement majeur que personne ne peut ignorer (ou cela serait faire montre d'une extrême mauvaise foi). Naguère cela était un sport, avec ses joies, ses déceptions, son humilité, où seul comptaient les exploits sportifs et l'esprit bon-enfant; il faut maintenant voir cela d'une toute autre manière puisque désormais tout sport de haut niveau se déroule plus en coulisse, à coup de corruption et d'imbroglio juridique, que sur le terrain. Si les émules y trouvent leur compte, les autres en revanche, ceux qui n'y vouent aucun intérêt, se voient rabattre les oreilles à outrance, aussi bien sur le lieu de travail que dans les endroits publics. Il ne se passe pas un instant sans que les médias ne nous imposent de suivre tout cela.

 

Vous l'avez bien compris, je n'aime pas le foot. J'aurais pu vous parler de l'immense joie de la rédaction à la réception du courrier de quelques un de nos lecteurs, qui nous montre que la mayonnaise est en train de prendre gentiment; mais comment taire ce jeu, puisque c'est bien d'un jeu que nous parlons, aux relents nationalistes à la sauce hooligans ? Comment ne pas s'effondrer, béat d'admiration devant ces sportifs stressés et agressifs ? Comment ne pas louer la magnificence de ces organisateurs qui osent, sans peur, opposer l'Angleterre accompagnée de ses supporters embièrés face à l'Algérie dans une cité grande comme ça (hé peuchère, la plus belle du monde tiens) à forte majorité magrébine ? Et enfin, comment ne pas acclamer le chef d'œuvre architectural qui consiste à construire le plus grand stade de France (c'est son nom!!!), au milieu d'une sordide banlieue mal desservie, et cela sans même songer à construire un parking ? …Folie quand tu nous tiens…

 

 

La rédaction

 

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