
POEME
La maison bleue
Te voilà donc berceau de mes rêveries.
Que de fécondes nuits sous les astres
n'ai-je donc passé sans toi.
Je forniquais dans mes amours primaires
et je croyais connaître mes uniques douleurs.
Quels compliment t'offrir dans ces tricheries
où j'ignorais déjà toutes sciences ?
Mes avantages mouillaient la fleur flétrie,
étais-je déjà dans l'illicite séjour
où mûrissait l'infâme mélodie ?
Sur de mes passions avouées
où j'apprenais dans ces séjours
le cri d'une pudeur égarée,
d'autant plus que je savais aimer
persuadé qu'il en serait toujours ainsi.
J'ai épousé dans le vif
toute sévérité d'une passion refoulée.
Quelle ivresse et quelle vengeance
dans cet égarement invisible
Serviteur aimable de l'excès
j'exhorte encore quelques convoitises
jusqu'à l'impression de concevoir
un inoubliable cauchemar.
Je n'ai de vengeance pour quiconque
seules mes hérésies multiplient mes pas.
J'avance dans un craquement sauvage
me voilà donc jouant encore dans mes silences
Jean-Louis Claude
Extrait de "La maison bleue" de Jean-Louis Claude parue aux éditions de l'Association Atelier Vivant