LA TCHATCHE A VOLTAIRE

Les discours trépidants de la jeunesse (...ou l'argot est-il une langue ?)

"Tchin"

Y a d'c'la plusieurs plombes, j'ai maillé sur un Paul qui pigeait que dale. Putain la couche du gars, puissant quoi, vraiment l'mec relou. Le con squattait les chiottes. Moi, j'avais descendu vach'ment d'bières et y fallait qu'j'me vidange sec.

"J'me fends la malle... Non, vraiment c'est trop. Délire... J't'explique."

J'lui ai balancé direct :

-Eh ! Men, tu t'casse ou tu veux qu'j't'aide ?

Mais la lourde restait closed, le speech du type était zéro vu qu'il a rien dit. Niet. Et ça urgeait vraiment vu qu'mon bide allait exploser. Je balançais quelques pétées dans la tür pour qu'c'con se speed, mais rien à faire, y voulait m'faire glander. Pour passer l'temps, j'ai tagué "Dédé encule Dudule" entouré dans un rond. Chanmé le graffiti, je reculais d'un pas pour mieux zieuter, y crachait cool. J'en avait presqu'oublié le glandeur enfermé dans son clapier.

-Eh ! Ducon-la-joie, tu t'masses, j'ai pas qu'ça a foutre. Non mais, t'accouches ou quoi ?

Mais y disait toujours rien.

J'ai maté un peu autour pour voir, mais j'pouvais même pas pisser dans leur crachoir vu qu'y en avait pas. Alors en attendant. Alors en attendant, j'ai pété l'machin où y avait l'P.-cul, j'ai cagué l'pchit-pchit qui sent bon (vous savez, c'lui qui chlingue crade et qui file envie d'gerber) pour voir la tronche des trognes dans l'troquet après quand j'la viderai. Ouah, marrant.

Au bout d'un long moment, j'y t'nais plus, j'ai ouvert la braguette et j'ai fait dans un coin, par terre, en f'sant gaffe à pas qu'ça coule sur mon froc ou qu'ça gicle sur mes grolles... Ben ouais, jj'trouve ça dégueux les pompes avec d'la pisse dessus. L'air con j'te dis pas.

"Tu m'file une clope ?"

J'vais encore ma trique dans la pogne quand y a la somiche qu'est entrée. Mais alors une nana, l'émeute, une gonzesse nickel, vach'ment bien roulée, et tout et tout. P'is d'ses nibards, j'te raconte même pas. Non, un canon, la meuf qu't'as envie d'y sauter d'ssuspour t'la faire. Si t'avais vu ça, la tuerie c'te miss.

J'voulais y filer rencard, mais elle a même pas laissé l'temps qu'j'y en foute plein la vue qu'elle m'geulait déjà d'ssus.

"T'aurais pas du feu aussi ?"

La pétasse maillait :

-Excusez-moi, Monsieur, mais que faites vous ici ?

Alors j'y ai d'mandé si elle était aveugle ou quoi. J'veux pisser quoi, mais y a d'ja une heure que j'poireaute ici. J'crois qu'elle a pas du voir la pisse. P'is là, elle a rajouté :

-Mais Monsieur, ici c'est un cagibi, pour les toilettes, c'est la porte à droite au fond du couloir, mais je suis désolée, vous avez trop bu, il vous faut partir, Monsieur, s'il vous plait...

Pffft, non mais franch'ment, elle est nulle c'te Josianne. Pété d'avoir tiré trop d'oinje, j'veux bien, le split, à la limitte, ça pète. Mais bourré... Oublie, j'suis jamais rond, moi. Elle d'vrait s'ach'ter des b'sicles.

Vu qu'elle allait app'ler l'gros débile qui joue à Rambo d'vant l'entrée (putain y a des graves) pour qu'y m'vire, j'ai pas insisté. Mais j'crois qu'je r'viendrais pa'c'que j'suis sûr qu'j'dois avoir un ticket avec la somiche et sans dec., j'y mettrais bien un p'tit coup. J'suis sorti, et en passant, j'ai vu qu'c'était marqué "j'emmerde les cons" sur l'truc où qu'avant c'était marqué "chiottes" (très chiant pour matter).

Non, franch'ment d'nos jours, j'trouve qu'les gens respectent rien, tous des glands. Les mecs qui font des trucs pareils, on d'vait leur faire bouffer leur stylo, p'is leur casser la gueule ou mieux encore, les balancer dans les chiottes et poser une pêche.

"Bon, gars, j'me casse cinq. Faut qu'j'pisse un verre. Tu m'paies une mousse pendant qu'j'vais m'vider ?... Comment ?... Tu dois t'tirer ?...Déjà ? Mais j'ai pas encore fini... Elle t'intéresse pas mon histoire ?... Non ? Pourtant l'est vach'ment cool...

Et vous ?... Non plus ? Y a pas un tarré pour l'finiche ? L'est mortelle hein vous savez... Vraiment que'd'?... Bon ben j'laisse béton alors... Allez, ciao (prononcez tcho)."

 

 

X (anonyme)

 

A suivre : "le patois, langue pittoresque de nos contrées ?"... Du même auteur.

 

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