A PROPOS DE L'U.B.S.

Les handicapés au pouvoir

L'homme nous prouve une fois de plus que si on le globalise, si on le mondialise, il ne fusionne toujours pas. Il suffit de s'en tenir aux récents élans de solidarités de ce salaud d'Ebner, pour s'en rendre compte. Ah ! Oui, pour se précariser, pour s'assouplir, se flexibiliser au point de poser le genou à terre, là, oui, la révolte du salarié est aussi puissante que la solidarité de l'actionnaire. On demeure frappé par l'arrogance du salarié moyen devant la digne résignation des gros actionnaires. Jamais les réflexions sur le capital de Marx n'auront été plus vraie qu'aujourd'hui et jamais, elles n'auront été si dramatiquement étouffées par la "pensée unique" (image aseptisée ou comment dire à un gros con qu'il est con, si les gros cons étaient capable de se faire côtoyer deux pensées simultanément dans le vide sidéral de leur grosse tête). Ainsi donc, l'homme doit valoir son pesant d'or, nous disent ces vils compagnons d'agonie. L'homme vaut quelque chose ou ne mérite pas de vivre. Cela n'est rien, jusque là, tout le monde s'était adapté avec cynisme sur le dos des plus faibles, pas forcément d'ailleurs, ceux qui reçoivent les aides sociales… Enfin, il faut faire partie de cette nouvelle humanité, inique et valant de l'or, d'or en barre en coup de barre, de coup de barre à gauche en coup de barre à droite… Il ne s'agit plus de savoir rire pour qu'on nous prête cette qualité humaine si chère à nos cœurs et de si peu de prix pour le cordon de nos bourses. Rire ne suffit plus pour qu'on nous reconnaisse cette appartenance à l'humanité comme l'a fait Christophe Colomb en voyant s'esclaffer une poignée d'indiens, bien plus humains qu'indiens d'ailleurs, mais c'est une autre histoire… à ce jour, il faut être convertible directement en signes monétaires comme disent ces valets d'économistes. L'être le plus indigne d'être humain sur l'ancienne échelle des valeurs humaines, celle qui faisait que plus on était distinct de l'animal et plus on était humain, se transforme sur l'échelle des valeurs boursières et acquiert une nouvelle vertu qui ne dupe que les imbéciles : plus on est con et plus on devient riche. On se souviendra de la fin du IIème millénaire comme l'âge d'or des imbéciles au pouvoir… Evidement, il y a eu des précédents dans l'histoire, mais, pour ceux qui ont suivi, ceux-ci ne savent pas rire. Peut-être prêteraient-ils à rire si on les remboursait…

L'existence a un prix depuis que le siècle de lumière s'est éteint. Désormais, "je compte donc je suis". La dictature de l'argent ose enfin apparaître sous son vrai visage, bien plus arrogante que lorsqu'elle était dans l'ombre de la paix sociale et derrière l'alibi des politiques. Enfin, ce contre quoi tant d'individus nous avaient mis en garde, apparaît dans tout son mépris. La droite de ce pays a liquidé définitivement ses intellectuels et ses moralistes : elle n'a plus besoin de se justifier car elle a mis l'Etat sur le banc de touche. Elle expose plus qu'elle n'oppose l'état de sa force brut à l'état politique. C'est une dictature puisque les décisions majeures influant sur la vie de milliers de citoyens et sur le projet de la société antidémocratique. En effet, aucun citoyen de ce pays n'a élu ces conseils d'administration, dans les faits, devenus les nouveaux conseillers d'Etat de notre pays. Ces nouveaux conseillers indiquent même à nos politiques impuissants comment réduire leur personnel et leurs prestations sociales aux victimes de leurs propres méfaits. De qui se moque-t-on ? Non seulement, le citoyen n'a pas voté pour ces décideurs, mais en plus, c'est lui qui paye les "plans sociaux" de ces grands groupes, via l'assurance chômage, les impôts et l'Etat.

Deux fois floué, l'électeur vit dans une dictature où la menace des fusils a été remplacée par le jugement du bancomat et les exécutions par l'exil en banlieue. Le licenciement est devenu une mort sociale, puis une mort tout court, sans écoulement de sang et sans violence apparente. Citoyens ! On vous vole votre démocratie… Le pacte avec la classe moyenne a éclaté et seule la classe la plus riche gouverne. Les radicaux avec les philosophes, à la poubelle ! Avec les politiques et le miséreux ; ceux-ci ne sont pas humains puisqu'ils ne rapportent rien. Toutes les "langues brunes" et autre "lèche-cul", valets de pisse du nouvel ordre, ont intérêts à collaborer très vite avec cette classe infime et tellement humaine selon les nouvelles lois qu'elle a imposées. Alors, me direz-vous, " L'ÉGOÏSTE " fait dans la pensée sociale alors que son essence est l'exacerbation la plus individuelle.

"L'ÉGOÏSTE", pourtant, a aussi comme ambition de s'observer le nombril pour mieux connaître celui des autres et faire preuve d'empathie. Il vise une parcelle d'universalisme car il voudrait se regarder sans complaisance à la différence des fossoyeurs susmentionnés.

 

Ray Lee Obvious

(Nom bien de chez nous ayant subi les effets de la globalisation)

 

A suivre : "Je suis un gros con, mais je me soigne". Du même auteur.

 

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