
CARNET
J'aime mieux fermer ma gueule
Pourtant , dans la société actuelle, nous assistons à une course effrénée au profit. Les grands de ce monde s'enrichissent de plus en plus, à tel point que les sommes d'argent en jeu en deviennent virtuelles. La crise actuelle de la conjoncture impose à ces grands des réactions rapides, car il ne faudrait pas qu'ils se privent. Jadis, l'homme travaillait de ses propres mains, puis est venu le temps où l'homme faisait fonctionner la machine qui effectuait son travail, nous arrivons maintenant au temps où la machine fait travailler la machine. On rationalise, on informatise, on automatise Tout est donc formidable puisque nous n'aurons bientôt plus le besoin de travailler. Hélas, la situation n'est pas si simple.
Sous le couvert de la crise, les patrons ont su instaurer un véritable sentiment de crainte en imposant quantités de sacrifices chez les employés. Baisses de salaires, heures supplémentaires, travail sur appel, bref, les salariés doivent subir toutes les brimades, se dévouer corps et âme à leur entreprise pour survivre, eux, dans une situation de plus en plus précaire.
Nombreuses sont les personnes qui jusqu'alors travaillaient, mais qui aujourd'hui n'arrivent plus à suivre cette cadence infernale. Elles se retrouvent ainsi mises sur la touche et viennent grossir les rangs toujours plus importants des chômeurs. Les places de travail étant de plus en plus rares, beaucoup de ces chômeurs deviennent assistés sociaux ou rentiers, augmentant ainsi dangereusement les dépenses sociales à charge des salariés et des contribuables, qui devront donc à plus ou moins longue échéance passer à la caisse.
Les improductifs, quant à eux, sont laissés de côtés. Vie sociale, confiance en soi, respect des autres, ne subsistent plus que dans leurs rêves.
Ces laissés pour compte et ces travailleurs seront heureux d'apprendre que leur sacrifice n'a pas été vain, puisque les entreprises prolifiques, multinationales totalement déshumanisées, ainsi que leurs propriétaires se portent au mieux et que leurs bénéfices ne cessent d'augmenter.
Une société où seuls quelques-uns vivent emprisonnés dans un luxe extravaguant tandis que d'autres, pourtant bien plus nombreux, sombrent dans l'abîme de la précarité, n'a pas vraiment un grand avenir.
Il faut cesser de se morfondre dans d'interminables lamentations, pleurant les années vécues dans l'opulence en rejetant la faute sur la crise, cesser de croire qu'une meilleure conjoncture sera la solution de tous nos maux. Notre avenir est entre nos mains, il appartient à chacun de réagir pour que cessent ces injustices. Il serait peut-être temps de reconsidérer nos priorités et d'accorder une plus grande place au facteur humain. Réapprendre ce que veut dire solidarité, responsabilité sociale et amour du prochain, en offrant à nos enfants la possibilité de s'épanouir non pas en étant les esclaves d'un système en devant accroître la richesse de leurs bourreaux, mais plutôt en vivant en harmonie, en respectant leurs aspirations profondes et leurs semblables.
Un improductif indigné