
CRITIQUE LITTERAIRE
Etats Noirs
Recueil de poèmes par Cédric W. Marsens, paru aux Editions de l'Association Atelier Vivant
Il y a, chez ce jeune poète, quelques métamorphose qui sont autant d'hommages à ces maîtres qui l'ont ému ; on pensera, entre autres, à Baudelaire en lisant "Solitude". Mais, si tout n'était qu'emprunts et hommages, ce qui prouverait du reste une parfaite compréhension et sensibilité poétique, tout commentaire aurait été téméraire d'où qu'il vienne Si la poésie de Cédric W. Marsens nous oblige a en parler, c'est qu'elle contient des perles aussi étincelantes que nouvelles (qu'on relise pour s'en convaincre "Dernière danse").
A mon avis, on y retrouve ce talent consistant à se servir de la lexicologie moderne, en extirpant des théories contemporaines (en l'occurrence, psychologie, psychanalyse, science ou médecine) les seuls mots remplis de sens qui sont passés dans le vocabulaire courant. Radioactivité, leitmotiv, lobotomie, Royphnol, psychotrope, interstellaire, stroboscopique, déconnexion, etc , autant de mots qu'il utilise avec parcimonie et sais glisser adroitement dans un contexte d'harmonie poétique "classique", à la manière de Baudelaire avec ses néologismes anglais. Mais, bien plus que de surprendre ou de briser les rythmes, Cédric W. Marsens est un élément du pont entre poésie classique et poésie moderne, à faire, qui se devra d'être vigilante, critique, mais aussi bienveillante aux angoisses de notre temps.