COUP DE GUEULE

Engagez-vous qu'ils disaient…

Et c'est reparti. Mais oui, figurez-vous que chaque année je reçois une petite feuille blanche qui m'"ordone", selon les termes, de rejoindre une compagnie d'hommes habillés comme des sapins. Dans un élan de générosité, ils m'ont richement équipé de chemises, pantalons, outils divers et même d'une précieuse pétoire à gâchette.

"Des vacances payées par l'Etat", qu'ils me répètent.

Au programme, exercices de cache-cache, cours d'anglais en cuisine et reconnaissance appliquée des débits de boissons. La règle du jeu consiste à éviter le plus de képis possible et surtout, oui oui, surtout les grosses épaules bien étrangement zébrée de lignes jaunes.

Moins vous en voyez, plus vous gagnez à ne pas être reconnu.

Durant deux semaines, vous arpentez des secteurs "autorisés" à la recherche d'une raison valable de ne pas les franchir. Alors, j'oublie. J'essaye. Parfois, il me vient à l'esprit que le temps n'est plus, que les audaces se réalisent au gré du bon vouloir de nos folies. Mais si ces stages étatiques à répétition m'ont appris quelque chose, c'est que le pouvoir d'autrui n'est que l'illusion de mes propres muscles.

 

  Un soldat inconnu

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