
EDITO
Dans cet éditorial, sans aucune prétention, j'avais envie de faire le lien entre deux notions, dont les médias ont parlé ces temps : le totalitarisme économique, dans le sens que la sphère économique, par de nouveaux préceptes en ressources humaines (QI puis QE), empiètent de plus en plus sur la sphère privée de l'individu et, d'autre part, le besoin de spiritualité de tout un chacun dont s'émeut régulièrement la presse (lié à mon avis au même totalitarisme économique ou, autrement dit, matérialiste).
Les gens, vous et moi selon les médias, vouent actuellement un véritable engouement à la métaphysique (questionnement sur la vie) que ce soit à travers l'enthousiasme aussi étrange qu'inattendu déclanché par les anges ou par la phylosophie. Une partie de l'explication pourtant me semble résider dans le fait que le néolibéralisme, son cortège de compétition et de matérialisme ayant tout balayé sur son passage, le sens de la vie humaine a été réduit au vecteur le plus strictement utilitaire de ce qu'on pourrait appeler le "productivisme" (l'homme défini comme unité de production flexible). L'âpreté au gain est devenue âpreté de la vie tout court, l'économie a temporairement pris le contrôle de la sphère privée de chacun, d'autant plus si l'on pense que les chasseurs de têtes et autres boîtes de placement parlent actuellement de QE, quotien émotionnel, donc une évaluation de la situation affective de chacun de nous sans que personne ne s'en émeuve outre mesure. L'adéquation émotionnelle d'une personne avec son milieu professionnel peut dont être déduite d'avance, vous êtes balèzes, messieurs, mesdames les théoriciens des Ressources Humaines,je vous parle de moi qui me surprend chaque jour à évoluer mais également de chacun de nous qui savons très bien que nous ne sommes plus ceux que nous étions il y a encore dix ans à peine... Fi donc toute la sociologie passée, des générations de chercheurs se sont interrogés en vain sur le "behaviourisme" (propension, propriété qu'a un individu à changer radicalement son comportement sous la pression de son environnement). Il ne faut plus s'étonner que l'individu dans nos sociétés dans lesquelles il doit totalement s'investir dans son travail, ait besoin plus que jamais de soupapes et de lieux d'expression non matérialiste. Cela, en définitive prouve au moins une chose, si mon intuition est correcte, c'est que, bien qu'elle en ait la velléité, la sphère économique échoue à englober la totalité de l'homme dans son système.