
CRITIQUE LITTERAIRE
La critique d'"hommes et destins" de Stephan Zweig, 230 pages, paru chez Belfond, est presque une abstraction épistémologique tant cet ouvrage lui-même représente déjà une critique du grand art déployé par nombre d'écrivains, pour la plupart amis de l'auteur. Ce qui me fascine toujours chez Zweig, c'est la finesse de ses analyses sur le style littéraire et la vie de ses auteurs. Sous forme de 22 portraits d'une dizaine de pages, Zweig nous invite chez ses amis (Scweitzer, Herzl, Romain Rolland, Philippe Roth, Ramuz ) et nous éclaire sur le lien indissociable qui existe entre leur vie et leur uvre. Lorsqu'il n'a pas connu personnellement un auteur, comme Proust ou Chateaubriand, l'exercice touche à la virtuosité de façon encore plus perceptible. En effet, extrayant l'essentiel et ce qu'il y a de plus significatif des biographies existantes sur ces grands hommes, Zweig réussi la gageure de nous faire croire qu'il était de leurs intimes. Une connaissance parfaite et sans faille du sujet, alliée à des analyse stylistiques autant que psychologiques concernant les traits de caractères de ces auteurs que seul un écrivain remarquable, ce qu'il est par ailleurs, pouvait réussir, nous conduisent dans un voyage admirable au travers de la création artistique et intellectuelle du début de ce siècle finissant et avant. On sort de ce livre certain qu'on a passé la soirée avec ces grands hommes ; si cela peut accessoirement bénéficier à l'image qu'on se fait des amis qu'on s'est réellement coltinés pendant le souper de la veille, ce n'est, en définitive, pas plus mal
Gaga Stronome