Le courrier des lecteurs

 

 Dans un soucis d'expression libre et afin de donner la parole à ceux qui ne l'ont jamais, L'ÉGOÏSTE offre la possibilité à ses lecteurs de s'extérioriser.

J'ai envie d'écrire

 


Poème (extrait)

 

Stalingrad,

Tu fus Saint-Pétersbourg,

Damas,

Tu fus Smyrne.

Et toi, Monde,

Avant la folie des hommes,

Tu fus sans doute beau ? ! -

Et, Mister God,

- Que fais-tu de tout cela ?

- Que penses-tu de cet oppidum ?

- Devons nous lui dédier une ode,

- Et ne plus penser qu'elle est ronde ? -

Les premiers hommes ont fait des bourgs

Sans prendre garde aux masses. -

Qu'ils ne manqueraient pas de glycines

Mais surdoseront le béton

Afin de muter les bourgs en prison. -

Civilisation avare de paroles

Et de sentiments,

Il faut que je m'envole,

 

Au plus près du firmament.

Dragan W.

 La mauvaise réponse de l'Égo.

J'ai envie d'écrire


Aucune revendication

 

Je ne vois aucune matière à rébellion autour de moi, c'est le calme serein et bienveillant que notre jungle de métal rigide occidental m'inspire.

Les discours enflammés m'agacent, ils représentent le "superbement inutile", qui frise trop souvent le "parfaitement futile". Après moult réflexions concernant les insurrections banales que j'entends trop souvent et qui renferment les sempiternelles grasses lamentations du type : "Putain, cette société de merde, y a que le fric et la production et la concurrence et l'adversité et la technologie qui comptent". Ou encore : "Il faut tout faire péter. Les flics, les fonctionnaires, les politiciens corrompus,…". Je me suis rendue compte qu'une fois sur deux, ces constants aboiements préparent gentiment une petite série de propos martyrisant. C'est à ce moment-là que le ton de la voix du pauvre esclave se fragilise pour exprimer sa propre douleur existentielle qui, bien sûr, dépend uniquement de la "putain de société" en question. Alors là, l'auditrice que je suis (mes paroles entretiennent la confession, elles n'ont évidemment aucun pouvoir modérant) doit revêtir la longue et très lourde toge du Bon Père qui nettoie les larmes amères (rappelons-nous qu'il ne s'agit plus d'accuser une société pour le prétendu rebelle-spécial-98, mais de passer par des propos d'ordre général pour ENFIN arriver à l'essentiel : moi, moi, pauvre petit moi, snirf, wink, wink, beuheueueuueu).

Donc les pas contents, j'en ai ma claque. Jusqu'à il y a quelque temps, j'attendais de voir surgir après ce schéma-type quelque chose qui puisse ressembler, de près ou de loin, à UNE IDEE qui serait peut-être plus subtile que "On va tout faire péter,…", ou alors j'essaie de gentiment faire comprendre à mon interlocuteur que la psychanalyse s'est beaucoup développée pendant ce siècle. C'est quand je suis dans cette attente que je jette ma toge loin de moi, je force la discussion à continuer sur un échange, non plus un monologue égoïste.

Il y a ensuite plusieurs options quand je cherche à trouver une nuance :

Alors maintenant, excusez-moi, chers égoïstes, mais j'ai adopté l'attitude tant connue de faire semblant d'écouter, ou d'adhérer à certains de vos écrits. J'en ai eu assez d'écouter votre bruit étranger à la musique, à l'improvisation.

J'attends toujours d'être étonnée, de découvrir une nouveauté…

 

Katherine

La mauvaise réponse de l'Égo.

J'ai envie d'écrire 


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