
SOCIETE
A propos des votations
Dans quelques jours, nous serons appelés afin de nous rendre aux urnes pour nous acquitter de notre devoir, c'est-à-dire de participer à l'élection de nos futurs représentants (sic ), mais en y regardant de plus près, nous devons admettre que de nombreux points demeurent obscurs.
Tout d'abord, en cette période de vaches maigres, n'est-il point singulièrement déplacé de dépenser une somme aussi faramineuse pour défigurer les belles rues de nos localités avec d'aussi tristes affiches (sans parler des campagnes téléphoniques). Oui, de bien tristes affiches, puisque d'aussi loin que je m'en souvienne, cette propagande imposée à notre vue vante les multiples promesses des futurs élus et de leur parti. A ce jour, il m'a été fort simple de constater qu'une fois élu, l'homme soi-disant intègre se mue inévitablement en un inactif avare de toute action, s'agrippant ostensiblement à son siège pour ne pas en être éjecté. Tant qu'il parvient à ne pas faire trop de vagues, il perçoit un salaire mirobolant payé grassement avec les deniers de l'honnête travailleur ayant eu l'idée saugrenue de voter pour lui.
Et si par un malheureux concours de circonstance, par un furtif ébruitement d'une quelconque affaire de corruption ou enfin à cause d'un vulgaire dessous de table négligemment mal dissimulé à la populace, quelqu'un s'avisait de presser sur la touche du siège éjectable, seule une infime partie de la somme reçue serait soustraite. Cela permettant alors à cet hypocrite de conserver son haut standing, ses nombreux privilèges et son opulence en bravant ouvertement ce qu'il promettait comme acquis du peuple pas plus tard que durant la veille des élections, en contradiction totale avec ses discours incitant le contribuable pardon, l'électeur à se serrer la ceinture pour combler les déficits énormes engendrés par son incapacité de jugement et ses grossières erreurs de gestion.
Après les votations, le citoyen se verra appelé à contribuer notamment au financement des multiples réceptions et des pots-de-vin. Il participera également à l'achat des havanes les plus renommés, ou encore des champagnes les plus rares afin que l'élu puisse pactiser avec tout ce que la société compte comme beau monde.
Il est fort probable (mais ce n'est que pure spéculation) que pendant la durée de son mandat, l'homo sapiens débilus politicus saura tirer profit des nombreuses lacunes des lois et des institutions étatiques pour récupérer sa mise de départ en puisant dans les diverses caisses qui auraient pu, comble de l'horreur, alimenter une organisation sociale ou pire encore, finir dans l'enseignement.
Désormais, ce sombre individu saura compter sur le soutien de ces nombreux nouveaux amis baignant abondamment dans de multiples affaires de magouilles politico-financières bien trop compliquées pour être dévoilées aux yeux des néophytes perfides que sont les cons pardon, les électeurs Sa vie sera emplie de nombreux avantages. Repas d'affaireraffinés, voyages somptueux, déplacements luxueux, tout cela offert gracieusement par les payeurs pardon, les électeurs tandis qu'eux, pourvus de leur salaire de misère, doivent subvenir à leurs propres besoins, en plus de contribuer à la subsistance de ce cher monsieur et en plus de contribuer à l'assainissement du gouffre financier hérité du prédécesseur de l'animal en question, et de s'apercevoir de toutes les similitudes entre l'ancien et le nouvel élu (re-sic ).
Au jour d'aujourd'hui, au lieu que la politique ne soit un lien entre l'Etat et l'individu, on se retrouve dans une impasse où les politiciens se cloîtrent dans une caste élitaire, inapte à défendre des intérêts autres que ceux de leurs comptes courants, inapte également à nouer un semblant de dialogue avec une personne extérieure à cette classe à part, classe incapable d'influer d'une quelconque manière que ce soit sur les décisions de ceux qui détiennent le pouvoir au sommet de l'économie de marché. Que nous regardions la droite ou la gauche, le haut ou le bas tous sont la copie de leur voisin.
Bref, une caste fort coûteuse et parfaitement inutile nous forçant à admettre un état de fait, la politique, ou du moins ce qu'elle est devenue, à la poubelle. Radicaux, libéraux, socialistes, démocrates, tous sont indignes de notre soutien et de notre confiance. Aussi, à l'instar d'un dessin de Reiser :
VOTEZ PRINTEMPS !!!
Un électeur insurgé