LE GROS CODE BARRE

30% d'absurdité

Pas plus tard qu'il y a deux ans, à peu près, je me suis vu lire une des plus belles idioties que j'ai jamais entendue. En effet, accoudé à mon bar préféré, je dégustais quelque littérature scientifique pour me sentir à la page de mes camarades clients. Quelle ne fut pas ma surprise quand tout à coup mes yeux dévissèrent à la lecture de ce titre quelque peu déroutant "sachons maîtriser notre matière grise". Curieux de toutes nouvelles découvertes j'empoignai ma chope à deux mains et lui fit comprendre sa douleur avant de me plonger dans la lecture de cet étrange document. Choc, il ne me fallut pas plus de trois lignes pour que notre grand savant ne détruise mes derniers espoirs de petit artiste maudit.

"Garçon, whisky".

Celui-ci ne prétendait pas mois (le professeur, pas le garçon) que la race humaine n'exploitait que trente pour cent de ses capacités mentales. "Horreur", me suis-je écrié en silence. Je me suis tout d'abord demandé où j'avais bien pu égarer le solde de mes petites cellules grises quand je remarquai que le fond de mon verre était vide. C'est mon voisin de gauche qui eût l'aimable geste de le remplir de son vague à l'âme, ce qui eût pour effet de me remettre sur mon mouton.

Imaginez que par un hasard des plus fous, vous désiriez lire un des ouvrage de notre vénéré marquis de Sade et que, confronté à la bibliothécaire, vous vous entendiez répondre :

"Désolé, mais je constate sur votre code barre que vous n'appartenez qu'au niveau c2 et que cet auteur est réservé aux titulaires du code d1 minimum."

Cette fois mon cher voisin s'est noyé. Un trop gros coup de barre peut-être.

"Garçon, whisky".

 

L'ami du Zinc

 

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