Du
matériau...
Il s'agirait surtout de
trouver une telle combinaison de matières
qu'elles perturbent ou modifient le moins possible le
rayonnement ambiant équilibré. Cependant, on
ne peut pas admettre "a priori" que les
caractéristiques intrinsèques des
matériaux soient une valeur absolue en soi.
Une vision globale impliquerait donc la
prise en considération du phénomène de
l'amplification mutuelle des caractéristiques du
lieu. Les matériaux, leur mise en place dans une
forme appropriée, ainsi que le champ ambiant,
constitueraient donc un tout, dont les qualités ne
sont pas une simple addition de ce qui provient de la nature
de ses composantes.
Les qualités d'un matériau ne
peuvent être dissociées de celles du milieu, et
il convient d'en respecter la nature profonde.Ce qui parait
être un truisme. Et pourtant ...
et Aalto...
En parlant de l'unité
de trois formes d'art (l'architecture, la peinture, la
sculpture), il la voit en fait dans la "matière",
c'est-à-dire "la confrontation intellectuelle avec le
matériau choisi".
Le matériau donc en tant que support
nécessaire d'une activité mentale et
créatrice, dans le but est de rendre tangible ce qui
ne l'est pas. Le matériau et la confrontation avec
lui comme un signe, manière de communiquer.Le
verbe.
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Toutefois:
"Le mot, parlé ou
écrit, exerce l'action la plus directe sur les
hommes; le matériau, par opposition, "parle" plus
lentement; cela explique peut-être pourquoi les
matériaux utilisés aujourd'hui encore sont si
vieux. Ils ont besoin d'une longue période de
développement jusqu'à ce qu'ils deviennent
efficaces dans la culture humaine."

...à la forme
Il considère le bois comme le
matériau le plus proche de l'home, "prêt
à l'utilisation par l'homme", et non seulement pour
des raisons constructives mais également
psychologiques et biologiques /1/ . La nature profonde du
bois impose par ailleurs un traitement
approprié.
Bois - Ainsi les
formes que crée Aalto suivent la structure interne de
la fibre qu'il respecte puisque "c'est un matériau
vivant qui se forme à partir de fibre vivante, un peu
comme la musculature humaine".
On peut donc blesser l'entité et la
continuité des fibres.
Pierre - De même la pierre est un
matériau qu'il faut travailler avec
sentiment:
"Nous avons
peut-être plus de mal à concevoir le
phénomène biologique dans la pierre, mais ce
phénomène existe. J'ai vu des façades
de marbre qui avaient l'air d'être de la tôle
blanche parce que le matériau n'avait pas
été compris. Ici aussi les formes doivent
s'harmoniser de manière heureuse avec la structure
des matériaux et même avec les nuances infinies
des couleurs".

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...et sa Naissance grâce
aussi à
L'instinct
Si pour Aalto "l'architecture et ses
détails sont de la biologie", c'est
aussi dans le sens que la pensée qui
les génère prend sa naissance dans "toutes les
connaissances et tous les sentiments accumulés en
nous"./1/
|
La forme contient
en soi tout le processus organique de la
création, la pensée
même.
|
Il est intéressant de voir le type
de processus qui intervient dans la confrontation avec une
Forme en devenir.
Ainsi, Aalto avoue le fait de recourir
à l'instinct face
aux problèmes dont la complexité ne se
prête pas aux méthodes de résolutions
rationnelles /23/:
"Dans de
pareils cas, j'agis d'une manière complètement
irrationnelle, qui est la suivante: j'oublie pour un moment
tout l'écheveau des problèmes, je les raye de
ma mémoire et je m'occupe de quelque chose qui peut
être, au mieux, caractérisé comme de
l'art abstrait. Je me mets à dessiner en me laissant
entièrement guider par l'instinct - et tout d'un coup
l'idée principale nait, point de départ qui
rassemble les différents éléments
souvent contradictoires (...) et les met en
harmonie".
D'où l'ordre de
complexité de son oeuvre qui se soumet difficilement
à une approche analytique rationnelle.
Rationalité, dans ce cas, signifie la
compréhension d'un objet à travers un
schéma définissable. Chaque tentative donc
conduit vite à une compilation de morceaux
plutôt qu'à une vision organique de
l'ensemble.
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Si sa pensée résonne en
nous à travers une perception directe de ses
oeuvres ( condition "sine qua non"), cela se fait tout
d'abord dans un processus de nature intuitive - le
même que celui du procédé créatif
employé. Si vient ensuite la volonté
d'expliquer notre perception intuitive ou les sentiments
qu'elle éveille en nous, on se heurte à une
quasi impossibilité d'un jugement objectif - ceci
d'autant plus qu'il s'agit de notre "bien-être" qui ne
s'y prête guère.
"L'Homme
est apparu, placé sous le destin, sous te
pouvoir du cosmos et de la nature. Pour
répondre à son destin, il a
découvert ou il inventa le
nombre".
(Le Corbusier,
"Carnets IV")
.
|
nombre d'or
Une des manières de rationaliser
la perception intuitive était, depuis la plus
haute antiquité, l'utilisation de la proportion
basée sur le nombre d'or. Un rapport qui permet de
quantifier le sentiment d'une certaine harmonie
esthétique (perception visuelle). Pourtant, c'est une
quantification dont l'exactitude reste illusoire puisqu'il
s'agit d'un nombre infini. La seule représentation
exacte reste la Forme - une sorte de rationalisation
géométrique. Si le nombre se
réfère à notre rationnel", son
expression visuelle résonne en nous d'une
façon directe sur d'autres niveaux
d'appréhension.
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Avec la découverte pythagoricienne
sur des intervalles musicaux /24/, s'établit la
conviction que l'harmonie dépend de la mesure
spatiale. Ainsi on constate également que les
caractéristiques acoustiques d'un espace
relèvent de ses proportions, celles basées sur
le nombre d'or pouvant contribuer une qualité
supérieure.
On peut pourtant se poser la question sur
l'existence d'un élément qui réagit
à travers la forme de sorte à transformer ou
influencer notre perception de l'espace ( à l'instar
par exemple de paramètres physiques d'un espace
dans la propagation du son).
Peut-être s' agirait-il là
de la modification d'une forme de rayonnement agissant
directement au niveau de nos centres psychiques et flux
nerveux ?
Après tout, c'est l'emploi d'une
Forme appropriée d'un matériau connu qui a
permis à Newton de procéder à la
diffraction du rayon lumineux.
Un autre exemple, celui de vasques
vives ,montre à quel point une Forme (en tant que
contenant) peut induire un phénomène de nature
dynamique à un flux d'eau. C'est une série de
récipients qui engendre des pulsations (mouvement)
rythmiques dans l'eau qui s'y écoule.
On perçoit donc la Forme comme
étant capable d'apporter une autre qualité aux
phénomènes physiques, que ce soit l'onde
acoustique ou la lumière par exemple.
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la Forme:
- L'expression d'une
pensée créatrice à travers les
matériaux;
- génératrice d'un nouvel
ordre, parfois en harmonie avec notre entité physique
et psychique, si ce n' est qu'au niveau de la perception
sonore ou visuelle;
La QUESTION que l'on peut se poser est
celle de l'importance de la Forme dans nos rapports avec
l'environnement qui se situeraient sur des niveaux
énergétiques pas nécessairement
perceptibles par nos sens (le système
neuro-végétatif).
Il semble légitime de vouloir
établir un relation (si elle existe) entre la Forme
et son pouvoir d'engendrer de nouveaux rapports entre le
champs ambiant (l'interaction de rayonnements d'origines
diverses) et notre entité biologique
("bien-être" - commoditas).
C'est cette préoccupation
qui a conduit à l'expérience décrite par la suite, faisant intervenir
la RADIESTHÉSIE.
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